Il y a des conseils municipaux qui éclairent une ville. Et puis il y a ceux qui confirment ce que tout le monde pressent déjà : ici, on gère… mais on ne transforme plus grand-chose. Celui du 30 avril à Rouen s’annonce comme un moment révélateur. Non pas d’un sursaut — ne rêvons pas — mais d’un état des lieux politique où chacun viendra jouer sa partition. Et parfois, sa petite musique personnelle.
Une majorité qui se dit de gauche… mais qui chuchote
Nicolas Mayer-Rossignol poursuit son exercice d’équilibriste. Une majorité large, disciplinée, presque trop propre pour être honnête politiquement. Mais derrière cette stabilité se cache une réalité moins flatteuse : une gauche qui n’ose plus. Ici, pas de grande réforme structurante. Pas de choix clivant. Pas de rupture assumée. On administre. On ajuste. On communique. Une gauche de gestion, polie, maîtrisée… et profondément inoffensive. Une sorte de socialisme sous cellophane, qui donne l’illusion du contenu sans jamais en libérer la saveur. Pareil pour l’écologie rouennaise….Du flanc !
À droite : opposition ou commentaire de texte ?
Du côté de la droite et du centre, Marine Carron, cheffe de file aux deux revers ( 2020 et 2026) continuera d’osciller entre critique molle et positionnement incertain. On observe, on commente, on dénonce parfois… mais on propose peu. Comme si l’objectif n’était pas de convaincre, mais simplement d’exister. Exister pour allumer les réverbères ou pour éradiquer les rats. Une opposition utile ? Peut-être. Une opposition audible ? Pas toujours. Une opposition incarnée ? Rarement. Franchement qui croit encore en la crédibilité politique d’un Bruno Devaux ou d’une Marie-Hélène Roux ?
LFI : la tentation permanente du mégaphone
Et puis il y a Maxime Da Silva. Entrée remarquée, ton affirmé, volonté évidente de s’imposer comme nouvelle figure de la gauche rouennaise. Sur le papier, pourquoi pas. Mais une question persiste : va-t-il faire de la politique… ou du bruit ? Car jusqu’ici, la méthode est connue : donner des leçons, simplifier à l’extrême, désigner des coupables, et occuper l’espace. Le populisme version tribune municipale. Reste à savoir si, lors de ce conseil, il sortira du rôle du procureur permanent pour entrer enfin dans celui du constructeur politique. Parce que contester, c’est facile. Proposer, c’est autre chose agir, encore mieux ! Nous verrons donc ce qu’il se passera ! Laissons la chance au produit !
L’extrême droite fait son entrée : bruit de fond ou stratégie d’installation ?
Autre nouveauté : l’arrivée de l’extrême droite dans le débat municipal, avec Houdan accompagné par des anciens sympathisants de Marine Caron. Une présence qui n’est pas anodine. Car si certains veulent y voir un épiphénomène, l’histoire récente nous a appris à nous méfier des dynamiques silencieuses. L’extrême droite ne surgit jamais par hasard : elle s’installe, elle teste, elle observe… et elle progresse là où le politique laisse des vides. Et à Rouen, des vides, il commence à y en avoir surtout au sein des quartiers populaires.
Le vrai problème : l’absence de cap
Au fond, le problème n’est pas seulement celui des personnes même si certains devraient se retirer à notre sens. 18 ans de pouvoir, cela use et vous sclérose politiquement ! On va vociférer dans les marchés que cui-cui est un dictateur et que « nous » ne sommes jamais écouté, mais quand le vent électoral n’est pas dans notre faveur, on se couche lamentablement. et après quand la victoire est acquise, on va faire les bisous qu’il faut à Nicolas Mayer Rossignol pour avoir des places d’adjoints ! Voilà la réalité de certains !
Le problème est plus profond. C’est celui d’une ville qui semble avoir perdu le sens du conflit politique structurant. Celui qui oppose des visions, des projets, des choix de société. Aujourd’hui, la politique rouennaise, c’est : une majorité qui évite les vagues, une droite qui cherche sa voix, une gauche populiste qui crie plus qu’elle ne propose et une extrême droite qui s’installe en embuscade. Un paysage éclaté, où la politique devient spectacle… sans véritable enjeu.
Et si on parlait enfin de socialisme ?
Il faut combattre cette dérive molle. Nous ne croyons pas à cette gauche d’accompagnement, qui gère sans transformer avec ses postures bruyantes sans lendemain.
Nous ne croyons pas non plus à la fatalité du vide politique. Il faut une politique de gauche exigeante, priorisant l’accompagnement des personnes les plus faibles.
Une gauche qui assume de redistribuer, de planifier, de protéger. Et non une gauche qui ne prend que des mesures électoralistes. Bref….avec l’esprit à droite !
Le 30 avril, à 14 heures dans la salle du conseil municipal, Il s’agira de savoir si, à Rouen, la politique peut encore être autre chose qu’un exercice de style ou si elle est définitivement devenue… un décor.
Frédéric Quillet


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