On ne présente plus Jean-Michel Bérégovoy, dans le microcosme politico-médiatique de la planète Rouen. 2026 devait être l’instant décisif pour la liste des écologistes menée par l’actuel adjoint au maire. Il avait d’ailleurs entamé des soirées-débats dans les quartiers rouennais afin de présenter le programme politique pour les municipales de Mars prochain. Et patatras ! Il vient d’abandonner l’idée d’une liste autonome au parti socialiste.
(https://www.tendanceouest.com/actualite-435281-rouen-municipales-2026-l-ecologiste-jean-michel-beregovoy-se-rallie-finalement-a-nicolas-mayer-rossignol) .
Les médias nous apprennent que Jean-Michel Bérégovoy restait finalement dans le giron de MNR (Cui Cui, pour nos intimes) le maire chantant du village Rouen. Il revenait dans la blanche bergerie dès le premier tour. Terminées les critiques de la raison pure sur le fonctionnement politique du ps rouennais. Place à l’unité ! De là, une réflexion en guise de conviction sur le personnage m’ est apparue comme une évidence !
J-M Bérégovoy, n’a pas d’idéologie : il a une garde-robe.
Et quelle garde-robe. Des vestes éco-responsables (100% cottons, 100 % je m’autopersuade d’être écolo…) soigneusement repassées le matin, les blousons de gauche enfilés à la pause déjeuner, des gilets centristes pour les dîners mondains, et, pour les grandes occasions électorales, une cape “ni-ni” réversible, couleur opportunisme mat. Du lourd ! Il faut reconnaître à J-M Bérégovoy un talent rare : il n’évolue pas, il se contredit avec constance et décide « seul » aux grés d’une fébrile brise matinale. Déjà en 2020, il annonçait son ralliement à cui-cui pour le second tour 10 minutes après l’annonce des résultats sans prendre le soin d’en parler à l’ensemble des colistiers. Là où d’autres changent d’avis au fil du temps, lui réussit l’exploit de soutenir une idée et son exact contraire dans un laps de temps si court qu’on en viendrait presque à soupçonner un trouble de la mémoire idéologique…voire une double personnalité !
Lundi, l’État est un monstre obèse, mardi, un rempart protecteur, mercredi, il faut le “réinventer” — ce qui, chez J-M Bérégovoy, signifie généralement ne rien faire tout en parlant beaucoup. Pour le reste de la semaine, on constate un mouvement circulaire qui défit les astronomes et autres astrophysiciens
Sur le plan électoral, la gymnastique est encore plus impressionnante. J-M Bérégovoy ne trahit jamais ses électeurs : il les réenchante, les recycle selon ses envies et choix stratégiques à court terme. Chaque scrutin est une sorte de renaissance, chaque affiche une amnésie. Au final, et depuis 18 ans : Des places dans un conseil municipal pour…comment dit-il déjà ? … » changer les choses de l’intérieur »
Les promesses d’hier deviennent les “erreurs de jeunesse” d’aujourd’hui, et les engagements solennels sont relégués au rang de “propos sortis de leur contexte”, ce grand cimetière rhétorique où reposent tant de convictions défuntes.
Il faut l’entendre expliquer ses revirements. Ce n’est jamais un reniement, non : c’est une “adaptation”, une “prise en compte de la complexité du réel”. Le réel, chez J-M Bérégovoy, a ceci de commode qu’il épouse toujours la courbe des sondages. Idéologiquement, J-M Bérégovoy se veut “libre”. Libre de penser comme son dernier interlocuteur ?
Si face à un patron, il découvre les vertus sacrées de l’entreprise, face à un syndicaliste, il se souvient soudain de son grand-père ouvrier (dont l’histoire varie selon les besoins du récit). Face à une caméra, enfin, il devient ce qu’il est vraiment : un homme convaincu que la cohérence est surfaite et que l’éloquence peut faire office de colonne vertébrale.
Le plus fascinant, c’est sa sincérité apparente.
J-M Bérégovoy croit à ce qu’il dit ; mais seulement au moment où il le dit. Il vit dans un présent perpétuel, débarrassé du fardeau encombrant des archives et des citations embarrassantes. Le passé, pour lui, serait comme un territoire hostile, peuplé de journalistes tatillons et de vidéos malveillantes. Et surtout, quand il se plante, c’est la faute des autres ! Jamais lui.
Au fond, J-M Bérégovoy n’est pas cynique. Le cynisme suppose une forme de lucidité. En fait, c’est un optimiste : il croit dur comme fer que les électeurs ont la mémoire courte et l’indignation sélective. Et il n’a pas toujours tort. Car à force de le voir changer de veste, on ne sait plus très bien quelle était la première, ni s’il n’y en a jamais eu une.
Ainsi va J-M Bérégovoy, funambule, lui aussi, du vide idéologique, funéraire de ses propres convictions, laissant derrière lui un parfum tenace de discours recyclé. Il ne marche pas à gauche, ni à droite : il tourne en rond, persuadé que ce mouvement circulaire finira bien par passer pour une trajectoire.
DR Mansour


Laisser un commentaire