À Rouen, Monsieur Grégoire Houdan se présente comme l’homme neuf d’un vieux parti.
Neuf ? Disons plutôt reconditionné. Sous le costume de la rupture, on retrouve les coutures bien
connues de la politique la plus classique : posture martiale, discours formaté, indignation prête à
l’emploi. Le RN change de visage, (un ravalement de façade, façon cache misère effectuer par un
bailleur social …), mais pas de méthode.
Monsieur Houdan promet la rupture avec “le système”, tout en en maîtrisant parfaitement les codes.
L’homme neuf… du vieux monde
Car c’est là toute la magie Houdan : fustiger les “élites parisiennes” tout en rêvant d’en devenir une
déclinaison locale. Il conspue la carrière politique comme une maladie nationale, mais semble en avoir
soigneusement appris tous les symptômes : posture martiale, indignation sélective, amnésie
stratégique. Le carriérisme, chez lui, n’est pas un défaut : c’est un projet qu’on n’ose pas dire à voix
haute.
L’antisystème, chez lui, est une posture rhétorique, pas une pratique risquée. Une rébellion sans
conséquences, soigneusement calibrée.
Carriérisme assumé, mais jamais avoué
Monsieur Houdan parle volontiers de la politique comme d’un mal français lorsqu’elle devient carrière.
Curieusement, cela ne l’empêche pas d’envisager la sienne avec un enthousiasme méthodique.
La dénonciation du carriérisme s’arrête là où commence l’ambition personnelle.
Chez lui, l’engagement ressemble davantage à une trajectoire qu’à un service. Une montée en grade,
une stratégie, une projection. Rien de subversif. Rien de nouveau. Juste l’habillage habituel : faire
passer l’arrivisme pour du courage et l’ambition pour un sacrifice.
Rouen, décor de campagne ?
Il invoque sans cesse “le peuple”, entité abstraite et commode, mais se montre beaucoup plus discret
lorsqu’il s’agit de Rouen concrète : ses quartiers populaires, ses fractures sociales, ses réalités
complexes. Peu de propositions précises, peu de visions locales incarnées. Beaucoup de slogans
nationaux plaqués sur une ville qui mérite mieux qu’un copier-coller idéologique.
Rouen n’est pas le cœur du projet : c’est un terrain d’essai. Une vitrine. Une étape. La ville sert de
support, pas de finalité.
La cohérence à géométrie variable
Monsieur Houdan se pose en donneur de leçons de cohérence politique. Il dénonce les reniements, les
compromis, les volte-face ; sauf quand ils deviennent nécessaires à sa stratégie et celle de son parti.
Les principes sont rigides quand ils concernent les autres, étonnamment souples quand ils le
concernent.
La morale est brandie comme une massue, jamais comme un miroir. L’exigence est constante… mais
toujours dirigée ailleurs. Loin de lui cette vertu !
Défendre le RN, coûte que coûte
Lorsqu’il s’agit de défendre son parti, Monsieur Houdan devient soudain d’une loyauté sans nuance.
Les polémiques ? Exagérées. Les dérives ? Instrumentalisées. Les critiques ? Forcément malveillantes.
Le RN, sous sa plume ou dans ses déclarations, est toujours victime, jamais responsable.
Il se fait avocat zélé d’un parti, qui prétend pourtant avoir évolué voir “renouvelé”, refusant toute remise
en question de fond tout en revendiquant une façade de modernité. Défendre l’indéfendable devient un
exercice de style : minimiser, détourner, relativiser.
L’esprit critique s’arrête là où commence l’étiquette.
Victime permanente, responsable jamais !?
Comme tout bon tribun d’indignation, Monsieur Houdan cultive la posture victimaire, incontournable,
presque contractuelle. Si le discours ne convainc pas, c’est la faute des médias.
Si les contradictions apparaissent, c’est la faute du système. Si les questions dérangent, c’est la preuve qu’on
dérange. L’auto-critique est absente, mais la plainte omniprésente. Toujours assiégé, jamais responsable.
Jamais d’erreur. Jamais de doute. Jamais d’introspection. Toujours attaqué, jamais comptable.
Le faux rebelle
le révolté confortable, le carriériste indigné, le pourfendeur du système qui rêve d’en être un rouage
influent. Au fond, Monsieur Houdan n’incarne ni la rupture ni l’alternative qu’il prétend être. Il incarne quelque
chose de bien plus banal : une ambition personnelle drapée dans un discours de colère, une hypocrisie
ordinaire maquillée en révolte.
En somme : le révolté confortable, le carriériste indigné, le pourfendeur du système qui rêve d’en être
un rouage influent. Il ne combat pas le système, il lui fait la leçon. Puis il frappe à la porte.
Et il attend, patiemment, qu’on lui ouvre la porte et qu’on l’invite à entrer. Afin d’avoir ne serait-ce qu’un
coin au bord du tapis prés de la cheminé si cela est possible « SVP Merci »
À Rouen, les électeurs auraient donc intérêt à se poser une question simple : ce candidat veut-il
réellement transformer la ville ou simplement se transformer lui-même en professionnel de la politique,
version locale d’un discours national préfabriqué ?
Dr Mansour
« Les politiciens de tous bords sont des clowns tragiques : ils maquillent le néant en
conviction, se congratulent sous les projecteurs, puis feignent la surprise quand le primate évolué
que je suis, les méprise et quitte le chapiteau sans un regard. » Docteur mansour


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