À Rouen, toute la gauche est rassemblée au second tour des élections municipales. Toute ? nnnnnnon ! Une liste est en résistance face à la démagogie politique de celles et ceux qui ont embarqué des noms de partis politiques dans leur besace pour qui ils n’ont plus rien à voir en termes de valeurs. Marine Caron leur attribue le terme « socialiste ». Pensez-vous une seule seconde que Nicolas Mayer-Rossignol ait encore quelque chose de socialiste aujourd’hui ?
Les communistes rouennais restent rattachés à l’union. C’est bien triste de retrouver un parti politique sans lumière idéologique ! Obligés de se coltiner les Zuili ou autre De Montchalin pour disposer de postes d’élus. Et pour y faire quoi ? On se le demande encore ! L’ouverture à droite de Nicolas Mayer-Rossignol depuis 2020 ne les a pas effrayés. Après tout, pourquoi pas. Il existe des villes où la politique des bras ouverts fonctionne très bien ! À Rouen, pas du tout !
La détestation partagée
Si l’union de cette fausse gauche est apparemment tout sourire sur les photos, ne soyons pas dupes. Les différents groupes qui composent cette majorité de circonstance ne se supportent pas. Le « Je t’aime, moi non plus » plane sur cette équipe qui s’auto-applaudira lors de l’installation du conseil municipal, après leur arrivée en tête à l’issue du second tour. Ce ne sera pas une victoire mais un « truc », un « machin », oui… Mais pas une victoire. Avec la forte abstention et le divorce sans conteste de cette caste politique avec les Rouennais en difficultés sociales et en grande précarité, cette liste ne peut pas se revendiquer « socialiste » et encore moins de gauche. L’ensemble des groupes politiques qui la composent ont perdu le fil de la réalité de la vie quotidienne. Quand on reste, pour certains, 18 ans adjoint ou élu, on se coupe de tout. On peut fanfaronner sur les marchés et faire passer des vessies pour des lanternes, mais on ne peut flouer les gens d’expérience qui les ont, à un moment, côtoyés.
Pensez-vous sérieusement que Jean-Michel Bérégovoy aurait porté un projet tel que la canopée en 2010 ? Bien évidemment que non. Si, à l’époque, il avait eu cette possibilité d’injecter 1 200 000 euros dans un projet, il l’aurait fait dans une épicerie sociale et certainement pas dans une telle mascarade écologique !
Les gens changent
C’est une évidence, nous changeons tous ! Mais certains assument et d’autres pas ! Ces derniers cherchent irrémédiablement l’argument potiche pour garder la face nette auprès de leur équipe. Mais le public, lui, n’est pas dupe ! Le ralliement des écologistes rouennais avant le premier tour le prouve ! Le début de leur campagne était un désastre ! Personne au rendez-vous dans les réunions publiques, des sondages inquiétants. Manifestement, l’engouement pour Monsieur Bérégovoy de 2020 avait pris la poudre d’escampette. Comme quoi, à force de gérer les votes dans le conseil municipal ou à la métropole par des échappatoires hypocrites qui s’appellent l’abstention et la non-participation au vote, on perd sa crédibilité. C’est ce qui s’est passé pour les écologistes de Rouen.
Cui-Cui renforcé !
Après la soumission de Jean-Michel Bérégovoy, qui a renoncé à tout pour garder les prérequis d’un pouvoir illusoire, Nicolas Mayer-Rossignol pourra se lancer dans une chenille géante au soir du 22 mars. Rien n’y fera. Il sera à nouveau sur un fauteuil qui deviendra un trône. Si vous avez détesté cui-cui 1, vous détesterez le cui-cui 2.0. Cependant, il saura vous dorloter avec ses projets grandiloquents puisque, en plus, il retrouvera son fauteuil de président de la métropole. À moins qu’il comprenne que le temps est au partage… Non, je blague.
Dimanche, il ne se passera rien de nouveau. Nous aurons des résultats presque identiques et nous reprendrons notre vie quotidienne avec l’impression, pour beaucoup, que le rendez-vous a été totalement raté. Entre Marine Caron, qui n’a pas l’envergure d’une meneuse, un Maxime da Silva critiqué au sein même des insoumis pour ses méthodes autocratiques et une extrême droite qui joue avec la peur et la haine, cela serait étonnant que les abstentionnistes se ramènent, car pour que cela se fît, il aurait fallu un réel sursaut ! À défaut, nous aurons le droit à un pétard mouillé !
Nous repartirons, donc, pour un nouveau mandat cui-cuiesque avec les mêmes élus aux affaires à 90 %. Les « nouveaux » arrivants iront pour la plupart sur le banc des potiches. Celui des prétentieux est déjà pris !
Frédéric Quillet


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