Ce qu’il faut d’abord retenir de cette élection, c’est la pauvreté médiatique de cette campagne. Le fond et la forme ont perdu du terrain au profit d’une campagne sans substance politique de la part de l’ensemble des protagonistes.
Marine Caron en mode « limité » en tant que patronne de la droite et du centre
Sujets superficiels ou de harcèlement thématique. La communication de Marine Caron, obsédée par les rats rouennais et les lampadaires perchés, fut catastrophique. Aucune place n’a été donnée (ou si peu) à des projets structurants et constructifs pourtant présents dans le programme. Marine Caron a également montré, au cours de sa deuxième tentative avortée, ses limites tactiques à rassembler ! En effet, entre l’équipe centriste canal historique de Catherine Morin-Desailly, qui s’est totalement désintéressée de cette campagne, et la partie ultra-droitière partie au R.N., la dame en rouge n’a plus compté que sur ses « proches proches ». Une sorte de retour de boomerang alimenté allégrement par la sénatrice après la débâcle de 2020, à laquelle Marine Caron, son ancienne protégée, n’était pas étrangère. Bref une sorte de message de la sénatrice genre : » Tant que je serai là, tu ne seras jamais la cheffe ! «
Maxime da Silva, le râleur permanent
Une catastrophe pour celles et ceux qui attendent des représentants de la gauche un projet politique et non un râle permanent. Le chef de file de La France insoumise n’a pas arrêté de donner des leçons de politique, fort maladroitement d’ailleurs, réduisant les intentions de vote de 18 % à à peine 13,5 % au premier tour.
Auto-promu à un renversement de leadership de la gauche rouennaise, Da Silva a certes exercé une entrée politique, mais il le doit davantage au ras-le-bol de cette fausse gauche au pouvoir depuis six ans et au contexte politique national rejetant le PS droitisé qu’à une « aura » personnelle. D’ailleurs, au sein de son propre camp, des « ras-le-bol » commençaient à pointer, dénonçant l’autocratie de la tête de liste et son obstinée posture de « dégommeur » d’autrui, sans aucun discernement. Un « moi-je » sans ambiguïté ! Ça promet dans les futures séances du conseil municipal !Allez, un point positif quand même : dans sa liste, il y a des gens très bien et le projet politique pour Rouen reste un point intéressant, qui nécessite néanmoins débat et évolution sur certaines thématiques.
Cui-cui la praline tout azimut
Bien évidemment, c’est le vainqueur ! Il en faut bien un ! Bémol : pas de majorité au premier et deuxième tour, et une participation ridicule d’électeurs qui, manifestement, se désintéressent de leur commune en matière politique. Et on peut les comprendre ! Nicolas Mayer-Rossignol a néanmoins réussi à dompter définitivement sa majorité plurielle. Si, du côté du parti communiste rouennais, la cause était entendue dès le début de la campagne, il fallait régler le cas Bérégovoy, bien décidé à y aller en autonomie.

Surpris par le désintérêt total des Rouennais pour son projet, celui qui pouvait l’emporter en 2020 est devenu, en 2026, un élément parmi tant d’autres. Ni pire, ni meilleur. NMR a porté, de ce fait, un coup de grâce à celui qui restera désormais une ombre politique dénuée d’ambition autre que de disposer d’un poste d’adjoint pour lui et ses « suivants ». Si Nicolas Mayer-Rossignol n’est pas flamboyant, il reste le grand vainqueur de cette élection. L’histoire politique de Rouen ne retiendra que cela. Seul un intérêt personnel de cui-cui pour une place au niveau national pourrait changer la donne locale. Tant que cui-cui sera maire de Rouen, on voit mal qui pourrait tirer son épingle du jeu au regard du cheptel actuel qui compose le paysage politique rouennais.
Ailleurs, l’exploit de Mirella Deloignon
L’action se passe à Déville-Lès-Rouen. Les médias en ont peu parlé, mais l’un des exploits de cette élection est la correction infligée par Mirella Deloignon au premier secrétaire du Parti socialiste 76 Vincent Duchaussoy. Jadis considéré comme un poste fort, l’actuel « patron » du Parti socialiste de Seine-Maritime est l’antithèse d’un Alain Le Vern, par exemple. Malgré les armes médiatiques et financières dont il disposait, Vincent Duchaussoy n’a pas été battu, Il a été humilié par ce score de presque 65 % pour celle qui, maire désignée par le conseil municipal en juillet 2024, a réussi à se faire un nom et un prénom dans une commune qui privilégie les élus de terrain sans langue de bois aux petits intellos « vainqueurs autoproclamés ».

Au-delà de la raclée, c’est bien l’attitude de cette liste socialiste de Déville-lès-Rouen qui a été désavouée. Une attitude condescendante, auto-intello proclamée, qui se demande encore aujourd’hui comment elle a perdu ? Pathétique liste qui a vu son paroxysme avec la démission des deux têtes de liste, dont Vincent Duchaussoy, qui, au-delà de sa médiocrité politique, est en plus un mauvais perdant ! sale gosse !
Frédéric Quillet


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