A Déville-Lès-Rouen, le P.S trompe son monde

Avatar de Journal Espoir

Ah, la politique… ce théâtre permanent où tous les coups semblent permis, même les plus douteux. Dans l’agglomération de Rouen, une commune d’environ 10 000 habitants offre aujourd’hui un spectacle assez affligeant : une campagne électorale où le Parti socialiste de Seine-Maritime semble rivaliser d’incohérences, de manœuvres douteuses et d’arrangements avec la vérité.

À la tête de la liste se trouve le premier secrétaire départemental, Vincent Duchaussoy, officiellement présenté comme le patron local d’un prétendu parti de gauche. Mais dans les coulisses, beaucoup murmurent qu’il ne serait guère plus qu’un exécutant discipliné, une figure docile évoluant dans l’ombre de Nicolas Mayer-Rossignol, véritable patron de ce qui ressemble désormais davantage à un appareil politique fatigué qu’à un parti porteur d’idées.

Car il faut bien le dire : ce parti socialiste n’a plus grand-chose de socialiste. En permettant l’adoption du budget porté par Sébastien Lecornu, fidèle lieutenant du pouvoir macroniste, le parti à la rose fanée a franchi un cap. On pourra toujours parler de “vote tactique”, de “responsabilité républicaine” ou de je ne sais quelle gymnastique rhétorique, mais dans les faits, cela ressemble surtout à un alignement discret sur un pouvoir de centre droit. Autrement dit, à une abdication politique. Dans ce grand brouillard idéologique, les étiquettes valsent.

Les anciens de droite se découvrent des accents progressistes, tandis que certains prétendus hommes de gauche n’hésitent plus à soutenir les politiques qu’ils dénonçaient hier. Depuis le grand coup de pied d’Emmanuel Macron dans la fourmilière politique en 2017, le paysage ressemble à une farce : neuf ans plus tard, personne ne sait vraiment qui est quoi, ni qui défend encore quoi.

D’un côté, Mirella Deloignon, maire sortante, désignée par le conseil municipal pour succéder à Dominique Gambier il y a près de deux ans. Elle mène une liste présentée comme ouverte, sans étiquette officielle, mais clairement orientée vers les questions sociales et locales. De l’autre, Vincent Duchaussoy, premier secrétaire d’un Parti socialiste qui peine à masquer ses compromissions, se présente comme le chef d’une coalition de gauche. Sur ses tracts, on peut même voir apparaître le logo du Parti communiste français.

Résultat : le Parti communiste se retrouve simultanément présent sur les deux listes. Les élus encartés PCF sont d’un côté, tandis que le logo du parti est brandi de l’autre. Une situation si absurde qu’elle prêterait à rire si elle ne révélait pas surtout un profond mépris pour la clarté démocratique et pour les électeurs Dévillois du côté de Vincent Duchaussoy.

La raison ? Un accord départemental conclu entre le PCF et le Parti socialiste. Autrement dit, le Parti communiste s’est officiellement allié avec une formation qui, ces dernières temps, n’a cessé de s’accommoder des politiques macronistes, que ce soit par des votes favorables, des abstentions complaisantes ou des compromis opportunistes.

Certains diront qu’il s’agit de “logiques locales”, différentes du niveau national. Une formule magique qui permet de justifier à peu près toutes les acrobaties politiques. Mais à ce degré de contorsion, on frôle tout de même le numéro de cirque voire la connerie humaine !

La situation est donc la suivante à Déville-lès-Rouen : les élus communistes sont sur la liste de Mirella Deloignon, tandis que leur logo est utilisé par leurs opposants. Une confusion savamment entretenue qui permet au Parti socialiste de semer le doute et de laisser croire à un soutien qui, dans la réalité locale, n’existe pas.

Reste donc la stratégie de Vincent Duchaussoy : entretenir l’ambiguïté, brandir des logos et laisser croire que les communistes locaux seraient derrière lui. Une ficelle politique si grossière qu’elle fait passer le premier secrétaire du PS 76 pour un incompétent et un menteur ! La méthode en dit long : quand les idées manquent, on agite les étiquettes en espérant que les électeurs n’y regardent pas de trop près.

Et dans cette opération, Vincent Duchaussoy peut compter sur le soutien fidèle de Guillaume Claudel, secrétaire du PS de Déville-lès-Rouen, qui depuis dix ans semble surtout courir après un poste d’élu dans l’agglomération. À défaut d’une ligne politique claire, certains cultivent au moins la constance dans l’ambition. Qui se ressemble s’assemble !

Comment peut-on se présenter comme premier édile avec une telle mentalité ?

Frédéric Quillet

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *