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Les pyromanes en costume – Une Europe qui parle, tandis que Washington et Tel-Aviv brûlent

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l y a quelque chose de grotesque, de profondément grotesque dans la façon dont le monde dit civilisé regarde la spirale infernale qui embrase à nouveau le Moyen-Orient. Les États-Unis et Israël, bras armés d’une même stratégie hégémonique fantasmée, ont décidé que 2026 serait l’année où l’on pourrait enfin frapper l’Iran « par prévention ».

L’opération, rebaptisée par le Pentagone « Epic Fury », n’est pas une précaution stratégique : c’est une déclaration de guerre déguisée en nécessité. Mise en musique, soin apporté aux mots, flanquée de justifications sur la légalité internationale, et hop : cibles à Téhéran, bombardements de sites nucléaires, morts par centaines et civils pris dans l’enfer du feu. Un acte agressif, maquillé en grand affrontement contre un « danger imminent ». Mais qui a déjà expliqué ce danger de manière crédible, hors du discours guerrier ? Aucun état massif de preuves n’a été fourni à la communauté internationale, pourtant censée réguler les tensions mondiales.

Et puis il y a la riposte. Téhéran, désormais ciblée par un pilonnage que certains appellent « changement de régime » avec un euphémisme délicat, réplique. Missiles qui pleuvent, frappes sur des bases américaines, frappes contre Israël : la région devient, et persiste à être un théâtre de chaos, et l’avion qui devait connecter Paris à Dubaï se retrouve cloué au sol, la carte des vols vidée d’un coup.

Mais au cœur du théâtre d’ombres, la scène la plus pathétique n’est peut-être pas celle des explosions. C’est celle des chancelleries occidentales.

Regardez l’Union européenne et le Canada (qui déplorent profondément, bien sûr, cette escalade). On y parle de « grande préoccupation », de « nécessité de protéger les civils », de « respect du droit international ». On convoque des réunions d’urgence, on « encourage toutes les parties à faire preuve de retenue ». On exprime de l’inquiétude. Dans ce registre, ces dirigeants rivalisent d’émotion politique, avec des phrases parfaitement calibrées pour les journaux télévisés et les communiqués de presse.

Mais dans le même souffle, quand il s’agit de condamner clairement les attaques américaines et israéliennes, ou de hausser le ton contre une agression de fait, c’est l’hésitation :
il ne faut pas froisser,
il faut garder l’OTAN soudée (c’est de la fiction),
il faut maintenir des relations transatlantiques stables.
Bref : on ne veut pas perdre le buffet d’après-guerre.

Ce qui est en jeu n’est pas seulement l’alignement diplomatique : c’est le cynisme de voir des puissances européennes refuser de nommer une attaque par son nom : une agression, tout en appelant Téhéran à négocier comme si l’agonie ou la mort cérébrale du droit international pouvait être réglée à coups de phrases bien tournées. C’est ce qui fait le plus mal : dans ce jeu de miroirs entre Paris, Berlin, Ottawa et Washington, la langue des diplomates ressemble à un tissu d’hypocrisie, secondé par le silence complice.

On parle de « désescalade », de « voie diplomatique », tout en finançant, en soutenant politiquement, en couvrant d’amitié stratégique l’attaque même qui embrase des villes, tue des civils, met en danger des populations entières. Ce n’est pas de la retenue : c’est de la couardise diplomatique, camouflée en vertu.

Donc, oui, il y a des victimes. Des familles décimées, des enfants pris dans le feu croisé de calculs géopolitiques. Les aéroports et les routes du Golfe deviennent des paysages dévastés, tandis que les grandes puissances occidentales parlent de « stabilité » comme d’un plat de porcelaine qu’on ne veut surtout pas casser. Et tandis que des milliers de vies se retrouvent réduites à un chiffre dans un communiqué officiel, nos dirigeants américains, israéliens, européens, canadiens jouent la même symphonie, dont la climatisation est réglée sur « intérêts géostratégiques d’abord, humain d’abord jamais ».

La vraie violence n’est pas seulement dans les explosions, les missiles ou les infrastructures réduites en poussière. Elle est aussi dans la manière dont on continue à peindre cette barbarie comme une série de « développements préoccupants » plutôt qu’un échec total : moral, politique, humain du leadership mondial. Tous ces événements ne font que confirmer tout le mépris que le primate évolué que je suis porte à toutes les classes politiques, diplomatiques et intellectuelles de votre triste monde.

Dr Mansour,  1 mars 2026

Docteur Mansour

Une réponse à “Les pyromanes en costume – Une Europe qui parle, tandis que Washington et Tel-Aviv brûlent”

  1. Avatar de L'irrévérencieuse civilisée
    L’irrévérencieuse civilisée

    Géopolitique Occidentale, où l’ombre portée d’une partie de poker appliquée sur le tapis vert de l’échiquier mondial.

    Battre les cartes d’une nouvelle géostratégie internationale, c’est ce à quoi nos élites gouvernementales s’affairent dans un jeu mimétique reproduisant à l’identique les règles du poker. Sauf qu’il faut pour le pentagone, très mauvais joueur à la table des jeux, posséder la quinte flush royale, combinaison rêvée pour casser toutes les règles de droit au niveau international et asseoir définitivement sa suprématie . Cartes en main, le Pentagone ferait d’abord coucher la diplomatie, puis ses adversaires pour enfin redéployer les différentes forces en présence en donnant l’illusion de réaffirmer sa primauté sur le monde. Primauté en réalité dont les adversaires du jeu ne sont pas dupes.

    Et c’est donc reparti pour un énième opus operandi des Etats-Unis sur la base de sa seule force, à savoir tricher et contourner toutes les règles de droit international. Recourir au bluff contre un autre pays sous prétexte de ci ou de ça est chose connue, le narratif du jeu reste inchangé, il suffit juste d’avoir un peu de mémoire.

    Seule en réalité une nano poignet de juristes et de diplomates actent qu’il s’agit bien là d’une tricherie crasse, à savoir une violation incontestable et clair du droit international. La charte des Nations Unis a interdit l’usage de la force sauf en cas d’autodéfense. A l’évidence, ça n’est nullement le cas présentement, et le mensonge qui consiste à  » mal nommer les choses, c’est ajouter du malheur au monde » dans les médias et ambassades diplomatiques continue son œuvre. La vraie violence identifiée dans le papier du Docteur Mansour dans ces euphémismes à répétition ânonnés par nos politiques, et consignés dans les communiqués de presse, médias et consorts est très juste et d’une redoutable « couardise diplomatique camouflée en vertu. »
    Sans conteste, nous sommes ici dans une violation tout à fait claire et nette de la souveraineté iranienne. L’imposition par la violence d’un rapport de force par ceux qui s’estiment être des nations démocratiques fortes à celles qui sont vues comme autoritaires ou faibles est devenue la nouvelle règle de la diplomatie internationale. Exit la charte de l’ONU, place à une bande organisée mafieuse qui orchestre sur l’échiquier politique mondial une partie de poker aux enjeux géopolitiques très élevés.

    52, c’est le nombre de cartes qu’il faut pour jouer au poker. 52, c’est aussi par pur hasard le nombre d’états circonscrits du nouveau monde, qui a vu la naissance de ce jeu au Mississipi et dont l’amusement et les objectifs d’un joueur de poker consiste à accumuler le plus grand montant et gagner le pot.

    En l’état actuel des choses et au regard des règles du poker, 7 joueurs maxi sont invités au tapis de jeu mondial. Sont donc nommés dans le désordre pour la razzia du moment… Roulement de tambours…

    J’ai nommé en numéro 1 : les Etats-Unis : l’invariant culturel du rêve américain persiste et fait toujours la loi au 21ème siècle : In god we trust and « Make America Great Agan », coup d’envoi déjà lancé pour la furie épique. Le pays est de nouveau en proie à des symptômes itératifs de pulsions machiabelo-impérialistes.

    Numéro 2, la Chine : sa démographie actuelle titanesque la positionne au second rang après l’Inde et sur l’échiquier économique mondial, le pays renaît de ses cendres post empire du milieu. De ce point de vu là, les USA sont au bord de la crise de nerf.

    Numéro 3, la Russie : cet immense territoire inégalé cultive depuis des lustres une revanche inavouée à prendre sur la formation d’un empire et la genèse du slavisme teintée d’une forte orthodoxie byzantine a marqué au fer rouge la nation.

    Numéro 4, l’ Europe : la pauvrette a malheureusement perdu de sa superbe et de son prestige catholique. La région à bout de souffle, souffre aujourd’hui d’une fiévreuse nostalgie de son vieux continent. On espère au passage sa résurrection.

    Numéro 5, Israël : hystériquement obsédé par le règne de Moise sans qui l’histoire de Jésus n’aurait jamais eu lieu, le pays prolonge son flicage dans la région ainsi que des velléités d’extension.

    Numéro 6, actualité oblige, l’Iran : berceau de l’humanité ou l’état de droit érigé par le règne Hammourabi doit à mon humble avis faire quantité de jaloux mais surtout le territoire détient le record mondial du nombre de pays frontaliers par terre ou par mer. L’affaire du nucléaire n’est en vérité qu’un pâle prétexte.

    Numéro 7, Péninsule arabique : les réserves mondiales de pétrole sont principalement nichées dans les sous sols de la région et l’histoire de Mahomet lui confère et lui confirme une primauté historique religieuse. Notons aussi que la région se prosterne à la fois pour remercier Allah et le dollar, comprenne qui peut???
    Voici donc les 7 adversaires sur la table des jeux, 7 à prendre ou à laisser. A votre guise…

    Des jetons : plusieurs options sur la table des négociations, oups…. pardon, je voulais dire sur la table des conspirations. Tout dépend des besoins, de la volonté, de la fantaisie et de l’ humeur de chacun des adversaires. Roulement de tambours….. A l’unanimité sont éligibles pour la mise et toujours dans le désordre : le pétrole, le nucléaire, le complexe militaro-industriel, les matières premières, la conquête de nouvelles sphères territoriales, le monopole des médias, l’élection d’une seule et unique religion monothéiste, la destruction de villes et d’infrastructures en tous genres enfin, pour couronner le tout, le sacrifice d’humains en chair et en os. Femmes, enfants, nourrissons sont toujours bienvenus. 7 toujours à prendre ou à laisser…

    Sans plus tarder, la partie de jeu peut commencer. 10 combinaisons possible classées selon leurs forces à jouer pour rafler le pot. Les actions consisteront à se coucher, à payer, suivre ou relancer. La confrontation à tour de rôle sera ponctuée par des tours de mises à ramasser selon la stratégie des candidats. Chacun des adversaires usera donc sur le tapis vert de ses secrets pour maximiser ses gains : bluff, tricherie, psychologie comportementale, observation fine des voisins… sont entre autres des conduites notables du joueur de poker.

    Enfin et sans plus de cérémonie, je déplore moi-même cette lecture noire et cynique de la géopolitique mondiale calquée sur une vulgaire allégorie du poker. Tout ceci m’ai apparu d’un coup d’un seul comme une espèce d’évidence. Pour abonder dans le sens du docteur Mansour, que fait concrètement homo sapiens face à ce chaos humanitaire? Honte sur nous j’ose dire… Et pire que de la misanthropie, le silence abyssale de chacun et l’absence de lutte face à ce désastre anthropologique me font dire que nous sommes déjà arrachés à notre humanité. Serions-nous aujourd’hui réduit à l’ombre portée d’une société humaine totalement désincarnée? Je pose la question…

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